Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

A propos de la notion de compromis en islam (Suite)

Publié le par Yahia

 

Depuis le premier colloque à liege, s’est tenu un deuxième , à Tunis, cette fois entièrement centré sur notre problème, en présence de prestigieux penseurs musulmans comme Abdelmajid Charfi , et Yadh Ben Achour e.a.

N’ayant pu y assister, je suis forcé d’en donner le compte-rendu trouvé sur le net (liens ci-après, en copies ensuite.

Un livre en sortira bientôt, et le ne manquerai pas d’approfondir , dès sa parution.

 

http://www.snds.ulg.ac.be/index.php?page=1            : Sur M.NACHI

 

http://www.tunisia-today.com/archives/59173             Compte-rendu 1

 

http://www.letemps.com.tn/article-40454-17032010.html            Compte-rendu  2

 

LIVRE A PARAITRE /Les sociétés islamiques sont-elles hostiles au compromis ? Perspectives historiques et socio-anthroplogiques  Nachi, Mohamed Date de publication :Sous presse Maison d'édition :Karthala

 

 

  1 Les sociétés islamiques sont-elles hostiles au compromis ?

2010-03-18

 

 

C’est le thème d’un colloque international organisé les 15, 16 et 17 mars par la faculté des sciences humaines et sociales de Tunis.
Experts maghrébins et occidentaux ont débattu pendant trois jours des perspectives historiques et socio-anthropologiques de cette problématique de compromis dans l’Islam, sous la direction du laboratoire DIRASET- études maghrébines de la faculté, en collaboration avec la Fondation allemande Hanns Seidel.
L’intérêt accordé ces derniers temps par les politiques et les sociologues de tous bords à ce thème a fait que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC) lui apportent également tout leur soutien pour essayer d’apporter des éclairages du passé pouvant aider à naviguer au présent et au futur. Occidentaux et arabes veulent comprendre les origines de cette orthodoxie qui a pris de court tout le monde à la fin du 20ème siècle et qui se prévaut de l’Islam. Qu’en est-il réellement ?
Origines et enjeux
Une trentaine d’universitaires a essayé de répondre à ce questionnement en suivant le parcours du compromis dans la société islamique. Ainsi, Yadh Ben Achour est revenu aux origines de l’Islam et présenté l’idée et l’expérience du compromis dans l’histoire de la civilisation islamique. Abdelmajid Charfi lui a emboîté le pas en examinant le compromis dans le cadre de l’orthodoxie.
Ces deux interventions ont conclu que l’Islam du temps du Prophète et des Califes, a toujours encouragé le compromis et cherché à fédérer. Le compromis y apparaît sous de multiples formes : celle de la renonciation au droit
afw’ (pardon) et tanâzul’ (désistement), celle de transaction solh’, celle de l’arbitrage tahkim’ ou celle de la tolérance tasâmuh’.
Pour saisir cette dimension du compromis dans l’histoire de la civilisation islamique, les deux intervenants ont rappelé des faits historiques inauguraux
solh houdaybia’, de cohabitation, de patrimoine culturel ou théologiques et juridiques.
Les propos de Yadh Ben Achour et Abdelmagid Charfi ont d’ailleurs rejoint ceux de Mohamed Nachi qui a insisté dans son rapport introductif sur «la nécessité de montrer à partir de faits historiques, d’événements et de situations sociopolitiques, que la formation du compromis est une réalité tangible dans le champ religieux islamique, aussi bien que dans le monde social et politique».
Ce chercheur venant de l’université de Liège et associé au laboratoire DIRASET a affirmé pour expliciter son idée que «la culture arabe ne peut se passer de cette «invention de l’humanité’ (cf le compromis) indispensable à toute transaction humaine».
Enjeux et perspectives
L’examen de cette notion de compromis dans les sociétés islamiques ne s’est pas limité aux premières heures de l’Islam. Les intervenants successifs ont analysé l’évolution de ces prises de positions par rapport à plusieurs problématiques rencontrées à travers l’histoire et de nos jours.
Ainsi, Emmanuelle Tixier du Mesnil, maître de conférences à Paris X Nanterre, a présenté une conférence sur l’exemple andalou :
le compromis érigé en mode de gouvernement’. Le conférencier s’est référé à l’Andalousie du XIe siècle quand Al-Mu’tamid de Séville et Abd Allâh de Grenade, confrontés à la reconquête chrétienne naissante et contraints de faire appel aux guerriers berbères almoravides, érigèrent la recherche du compromis en art de gouverner’.
Abderrahmane Moussaoui, maître de conférences à Aix-en-Provence a analysé, quant à lui, le processus de sortie de crise en Algérie après la guerre civile. Moussaoui s’est attardé sur le processus de réconciliation en Algérie, entamé par le président Liamine Zeroual à travers la loi de la
rahma’ (clémence) et relayé par son successeur Abdelaziz Bouteflika à travers des lois successives. D’abord, la concorde civile. Ensuite, en 2005, la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Enfin, à partir de mai 2009, la consolidation de la politique de réconciliation nationale.
Les intervenants suivants ont abordé d’autres formes de compromis ayant surgi dans les sociétés islamiques telles que l’adoption du Code de statut personnel en Tunisie, la question du gouvernement d’union nationale en Palestine ou le problème du
takfir’ ayant surgi par intermittence et à diverses reprises dans les sociétés islamiques. Les conférenciers ont analysé ces différentes situations dans leur conjoncture historique et socio-économique.
Le colloque a permis d’analyser profondément la place du compromis dans la culture arabo-islamique, concluant que «le propre du compromis est de constituer un rempart contre la violence, de réguler les conflits et les différences entre les membres d’une même communauté et de rendre possible la coexistence de valeurs à priori inconciliables».

Mourad SELLAMI

 

 

  2 - Le compromis dans les sociétés islamique, objet d'un forum international

2010-03-18

L'histoire des sociétés islamiques est une histoire de compromis, ont expliqué des intellectuels lors d'un récent séminaire organisé à Tunis.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis — 18/03/10

L'art du compromis a été un facteur essentiel à la survie des sociétés islamiques, ont conclu les intellectuels rassemblés à l'occasion d'un séminaire international organisé du 14 au 17 mars à Tunis.

"Nous sommes habitués à discuter d'autres sujets", a expliqué le professeur à l'Université de Liège Mohamed Nachi lors de ce séminaire, qui était organisé sous le thème "Les Sociétés islamiques sont-elles opposées au compromis ?"

"Mais le sujet du compromis dans les sociétés islamiques est nouveau, un défi ; nous considérons que le jeu en vaut la chandelle", a-t-il ajouté.

"Un accord doit être accepté par chacun", a expliqué l'universitaire français Michel Camau. "C'est une technique de survie. Toute autre attitude équivaudrait à un suicide."

Ce séminaire était organisé par Diraset, un institut d'études sur le Maghreb à l'Université de Tunis, en collaboration avec la Fondation Hans Seidel. Il a rassemblé des intellectuels et des chercheurs dans les disciplines du droit, de la sociologie, de l'économie et des médias venus de Tunisie, de France, du Maroc, d'Algérie et du Canada.

Nachi a souligné "la nécessité de montrer à travers l'histoire et les évènements sociopolitiques que le compromis est une réalité tangible au sein de l'Islam ainsi que dans la société et en politique".

Le compromis a une histoire vénérable dans la culture arabo-islamique, selon Yadh Ben Achour, professeur de droit à Tunis.

"Nous pouvons affirmer en toute confiance que la culture arabo-islamique n'est pas étrangère à la notion d'accord", a-t-il indiqué. "En fait, historiquement parlant, elle est à l'origine des principes d'accord et de réconciliation."

Achour a cité le traité de Hudaibiya entre les Musulmans et les non-Musulmans et l'arbitrage entre Ali Ibn Abi Talib et Muawiya comme deux exemples de compromis islamique, ainsi que comme évidence provenant du Coran, le fiqh islamique, et le système judiciaire, qui utilise fréquemment les mots de "grâce", "concession", "réconciliation", "pardon", et "tolérance".

L'art du compromis dans l'Islam est passé par plusieurs phases, a expliqué le politologue Rabil Rihani.

"L'histoire nous enseigne que les relations entre les sociétés islamiques et d'autres sociétés sont passées par différentes phases de communication, d'aliénation et de conflit", a-t-il poursuivi.

"Actuellement, alors que le sujet prend une signification particulière, la démocratie et la réforme de l'éducation semblent être au coeur du problème", a-t-il poursuivi. "Le refus d'engager le dialogue est un aspect de l'échec à instiller les préceptes de la démocratie, qui appellent une éducation qui implique des programmes modernes et la pensée critique."

Les attitudes envers le compromis ont varié non seulement selon les âges, mais aussi selon les sociétés, a expliqué la féministe tunisienne Sarra Abdelmaksoud.

"Certaines sociétés modernisent en masse leur arsenal juridique, tandis que d'autres sont encore hésitantes", a-t-elle expliqué. "Les sociétés modernes ont connu une réforme éclairée en profondeur et ont adopté des lois progressistes."

"Mais les sociétés qui se sont égarées sont fondées sur une vision totalitaire de la religion, dans laquelle Dieu est la seule source de législation", a ajouté Mme Abdelmaksoud. "De telles sociétés sont fermées et ne sont disposées à participer qu'au seul dialogue basé sur la matrice de pensée islamique, et sont convaincues qu'elles seules ont accès à la vérité absolue."

Le compromis est une caractéristique universelle des sociétés à la fois islamiques et non islamiques, a commenté pour sa part le professeur de civilisation tunisienne Abdelmajid Charfi.

"Dans le monde, toutes les sociétés tentent de réconcilier leurs différences internes", a-t-il conclu.

 

Commenter cet article
R
<br /> Merci pour cette suite !<br /> <br /> <br />
Répondre